FALL-WINTER 2018 . ISSUE NO 1
NO 4 01/02/2019
ONDE SENSUELLE

Les codes amoureux ont changé. Et avec eux, ceux de la séduction.
Un mode d’emploi qui unit subtilité, sensualité et langage du corps.
SAVIEZ-VOUS QUE 60% DE NOTRE COMMUNICATION EST GESTUELLE ET NON VERBALE? QUE NOUS SOMMES CAPABLES D’ÉMETTRE 700 000 SIGNAUX PHYSIQUES ET PAS MOINS DE 250 000 RIEN QUE PAR LES EXPRESSIONS DE NOTRE VISAGE?

Un regard ou un sourire doux, une main passée dans les cheveux ou caressant romantiquement celle de son compagnon, un croisement de jambes judicieux ou un simple penchement de tête élégamment placé, comptent parmi les signes testés et approuvés par les séductrices romantiques. Ils en disent beaucoup en effet sur nos intentions... Et celles de nos sens. Les codes amoureux évoluent : du langage du corps aux petites attentions qui ouvrent l’imagination et les possibles, ils sont un supplément de style et d’attirance. L’essence même de la sensualité. Pour l’anthropologue David Le Breton*, celle-ci est « l’un des attributs de la séduction, une signature de soi, un charme qui distingue de l’ordinaire (…) non pour se donner, mais pour imprimer le style d’une présence. »

Une gestuelle, une allure, une attitude, voilà la base de la sensualité. Et elle est plus naturelle qu’on le pense. Elle peut être simplement cachée sous un voile de timidité. Trouver cette « onde sensuelle », l’oser, permet d’exprimer nos plaisirs, nos envies, de les imaginer pour ensuite mieux les partager. La cultiver devient un réflexe, une magnifique source de liberté qui se transforme en jeu. Un jeu de séduction, évidemment, mais qui fait avant tout du bien à soi, à la confiance qu’on a en soi, en sa beauté, extérieure comme intérieure, et permet de savourer intensément l’instant présent. Et l’été est une saison encore plus propice pour tester son impact et l’élever au rang d’art de la séduction. Alors, on prend les choses en main?
« La séduction passe par une chorégraphie.
Improvisée ou minutieuse, elle envoie
ses messages et ses codes,
dont seule la femme a le décryptage.
Et crée des rendez-vous qui deviennent
des rituels amoureux. »


Commençons par une pointe d’originalité, une touche un peu vintage pour surprendre l’amoureux : l’écriture d’un mot doux. Un vrai. Un prélude ravissant au geste, tactile, cette fois. Et prendre le temps de lui glisser quelques lignes manuscrites dans la poche de sa veste pour lui donner rendez-vous, c’est charmant. Et intriguant. Que lui réservez-vous ensuite ?

Voilà la question qu’il se posera toute la journée et le fera se suspendre à vos lèvres à l’heure dite.
L’étincelle ainsi allumée, le jeu des sens se poursuit naturellement : une conversation, ou à l’inverse un silence, un sourire tendre, un regard malicieux, une moue gourmande, tous les prétextes sont bons! Et puis enfin, une main qui frôle son bras… Toucher une peau, la caresser peu à peu est un prélude à la sensualité, à la découverte de l’autre. Pour David Le Breton, le toucher possède « quelque chose d’immédiat, de tangible et ajoute au goût de vivre. C’est le sens de la concrétisation. » L’intimité est à portée de main, délicieuse et pleine de promesses. Le langage du corps peut alors dérouler subtilement son abécédaire, sur le rythme que l’on souhaite donner à cette partie à deux. « La vue est le sens de la beauté esthétique, de la parure, du plaisir d’être soi et de se montrer » explique encore l’anthropologue. Une dentelle qui se dévoile, un laçage qui n’attend que d’être dénoué, une soie qui se froisse sous les doigts, une main qu’on oriente délicatement : l’esthétique du geste, le charme d’un détail que l’on est la seule à décider...
Un délice qui fait mouche, et qui en prime renforce l’assurance de se sentir attirante, unique. Elles restent des pièces maîtresses dans les codes amoureux, un parcours initiatique qui mêle subtilité et sensualité, qu’on suit et qu’on adapte au gré de ses envies ou de son imagination. Aujourd’hui, elles sont enrichies par un abécédaire malicieux. Écrire des mots avec son corps, jouer d’une courbe ou d’une rondeur sans en faire trop annonce un plaisir sans fin, sans cesse renouvelé, un nouveau jeu des codes amoureux qui se fait rituel. Et qui crée une complicité qu’on renforce jour après jour. Avec un seul mot d’ordre : la liberté, celle de séduire et de se séduire soi-même. *La Saveur du Monde, une anthropologie des sens (éd. Métailié, 2006).